Un personnage avec une ceinture d’outils, à côté de trois cloches de verre : un agent, trois sous-agents

Agents IA : pourquoi nous n’avons que trois sous-agents

Un agent IA par tâche, c’est le réflexe. Anthropic conseille l’inverse. Comment nous organisons Claude Code, et les trois sous-agents qui restent.

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Coulisses

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Faut-il un agent IA par tâche ? C’est le réflexe de presque tous ceux qui découvrent les agents : un agent pour la veille, un pour les courriels, un pour les rapports, qui se passent le relais. Le 22 octobre 2026, Anthropic, l’éditeur de Claude, a conseillé l’inverse : le plus souvent, un seul agent qui charge ses compétences au moment où il en a besoin fait mieux qu’une équipe de spécialistes.

Nous avons confronté ce conseil à notre propre système. Il a plus d’une douzaine de compétences, et il ne garde que trois sous-agents, chacun pour une raison précise. Voici comment il est organisé, et pourquoi ces trois-là restent.

Schéma : Agents IA : pourquoi nous n’avons gardé que trois sous-agents

Notre système d’agents en une phrase

Nous l’appelons notre « AI OS », par analogie avec le système d’exploitation d’un ordinateur : de même qu’un système d’exploitation gère les programmes, cette couche gère les agents, leur mémoire, leurs droits et leur collaboration. Ce n’est pas un logiciel à installer. C’est Claude Code, l’agent d’Anthropic, autour duquel nous avons organisé quatre choses :

  • des connaissances : nos notes, liées entre elles, que l’agent interroge à la demande au lieu de repartir de zéro à chaque session ;

  • des compétences : des méthodes écrites une fois et réutilisées, pour écrire un post, dessiner un schéma, monter une vidéo courte ou trier notre veille ;

  • des connecteurs : ce qui relie l’agent au CRM, à la messagerie, aux réseaux sociaux ou à la génération d’images ;

  • des règles : ce que l’agent a le droit de faire seul, et ce qui demande notre accord.

Le réflexe d’un agent par tâche

Créer un agent par tâche paraît logique : chacun a son rôle, ses consignes, ses outils. Mais chaque agent supplémentaire a un coût. Il faut lui transmettre le contexte, récupérer son résultat, gérer ce qu’il a mal compris. Plus il y a de relais, plus il y a d’endroits où l’information se perd.

C’est exactement ce qu’Anthropic a mesuré. Selon l’article publié le 22 octobre 2026, un seul agent qui découvre ses consignes et ses outils au fur et à mesure fait souvent mieux, en qualité, qu’une division en spécialistes, et souvent pour un coût et un délai moindres par tâche. Un de ses clients a divisé son temps d’exécution par deux en faisant ce choix.

Nos compétences tournent dans l’agent principal

Chez nous, aucune compétence n’est un agent à part. Chacune est une méthode écrite dans un fichier — Claude Code les appelle des « skills ». L’agent ne connaît d’avance que leur description, une ou deux phrases. Il ne charge la méthode complète que lorsqu’une tâche la demande.

C’est ce qui permet d’en avoir beaucoup sans encombrer l’agent : une douzaine de méthodes inutilisées ne coûtent presque rien tant qu’on ne les appelle pas. Et comme tout se passe dans la même conversation, l’agent garde le fil : ce qu’il a lu pour écrire un post, il l’a encore sous la main pour en dessiner le schéma.

Un sous-agent n’est pas un collègue de plus. C’est un contexte qu’on isole, et ça doit se justifier.

Les trois sous-agents qui restent

Anthropic garde les sous-agents dans trois cas : quand un contexte trop chargé dégrade mesurablement l’agent, quand des tâches doivent tourner en parallèle dans des contextes séparés qu’on jette ensuite, et quand un agent peine à choisir ses outils ou reçoit des consignes contradictoires. Nos trois sous-agents répondent chacun à l’un des deux premiers.

Le bibliothécaire, contre le contexte trop chargé. Il fouille nos notes, en lecture seule, et ne rend qu’un rapport : telle note existe, tel sujet est traité là. Sans lui, l’agent principal verserait des dizaines de fichiers dans la conversation pour répondre à une question simple, et travaillerait ensuite dans ce bruit.

Les collecteurs de la veille, pour le travail en parallèle. Notre revue de presse lit des dizaines de sources. Elle répartit la lecture entre des sous-agents, un par domaine — intelligence artificielle, CRM, philanthropie, concurrents — qui travaillent en même temps. Le 16 octobre, quatre collecteurs ont pris chacun entre 46 secondes et un peu plus de deux minutes. Chacun rend sa liste et n’écrit rien : c’est l’agent principal qui trie.

Le lecteur à blanc, pour le contexte qu’on jette. Quand nous écrivons un guide PDF qui doit permettre d’installer une méthode, nous le donnons à un sous-agent qui ne sait rien de nous, avec ce seul document. Il doit faire ce que dit le guide et signaler chaque endroit où il a dû deviner. S’il devine, le guide est mal écrit. Son contexte est jeté ensuite : il ne doit jamais rien apprendre d’autre que le guide.

Les règles qui tiennent l’ensemble

Un système d’agents n’est utile que si l’on sait ce qu’il peut faire sans nous. Les règles ne sont pas une couche de plus, elles traversent tout : quels droits a chaque agent, quelles actions demandent une validation humaine, quelles données ne doivent jamais sortir.

Chez nous, l’agent demande avant de supprimer quoi que ce soit, n’envoie rien vers nos dépôts en ligne sans accord, et le contenu de nos clients n’est jamais versionné avec le reste. Le bibliothécaire, lui, ne peut physiquement rien écrire : ses outils sont limités à la lecture.

Ce que nous en retenons

Arrêtez de créer des agents à tout va : faites le ménage dans vos agents. Concentrez-vous sur les compétences, des méthodes écrites une fois que l’agent charge quand il en a besoin. Laissez Claude Code créer ses sous-agents à la volée, le temps d’une tâche. Et avant de créer un sous-agent permanent, vérifiez qu’il répond à l’un des trois cas : sinon, il ajoute un relais, pas une compétence.

Si vous voulez monter votre propre système d’agents, autour de Claude et de votre CRM, écrivez-nous.

Sources

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